JEAN-FRANCOIS SONNAY

Le Tigre en papier

De 1968 Ă  1978, c’est tout un pan de l’histoire de la Suisse et de l’Europe que le lecteur va dĂ©couvrir dans ce grand roman en deux  volumes. ƒuvre de fiction, oĂč se mĂȘlent Ă©vĂ©nements historiques et imaginaires, grands et petits complots, bricolage politique et terrorisme, il met en scĂšne la vie d'un jeune rebelle idĂ©aliste, devenu au fil des annĂ©es un conspirateur, petit soldat d’une rĂ©volution perdue, de Lausanne Ă  Prague, de Rome Ă  Paris, de GenĂšve Ă  Annemasse. L'histoire de Jacques Mathieu, roman historique Ă  sa maniĂšre, restitue la mentalitĂ© particuliĂšre de ces annĂ©es de rĂȘve et de plomb. Un rĂ©cit qui tient du portrait de gĂ©nĂ©ration, de l’enquĂȘte policiĂšre et du jeu des perspectives croisĂ©es, mais qui est avant tout un tĂ©moignage humain saisissant.


En 1992, un vieil homme disparaĂźt dans les Llanos du Venezuela. Nul ne sait pourquoi il s’était enfoncĂ© si loin dans la forĂȘt vierge et sa disparition semble aussi mystĂ©rieuse que l’avait Ă©tĂ© sa vie. Les MĂ©moires qu’il a laissĂ©s et qui exercent un Ă©trange pouvoir sur ceux qui les ont entre les mains apporteraient peut-ĂȘtre la clĂ© de l’énigme, si seulement on pouvait les lire. Malheureusement, le sort veut que ceux-ci soient successivement dissimulĂ©s, vendus, perdus, plagiĂ©s, volĂ©s, oubliĂ©s, dĂ©pecĂ©s, avant de disparaĂźtre Ă  leur tour. Le roman de Jean-François Sonnay constitue une sorte de puzzle, oĂč se dĂ©compose la figure d’un aventurier au hasard des tribulations d’un fabuleux manuscrit.



  Prix Schiller

        1998

 Prix  Rambert

       1998

Il est arrivĂ© un jour au dĂ©but de l’étĂ©, orphelin parmi des dizaines d’autres, pauvre comme les autres, Ă©trangement sĂ»r de lui pourtant. Il racontait Ă  tout le monde qu’il Ă©tait le fils du prince Dad, ce qui vu son Ăąge n’était pas impossible. On l’a vu en ville pendant quelque temps, puis il est reparti, emportĂ© par l’hiver peut-ĂȘtre, par un flux de rĂ©fugiĂ©s ou par une obscure volontĂ©, vouĂ© Ă  l’abandon, Ă  la mendicitĂ©, mĂ» par un espoir insensĂ©. Dans mon agenda, j’ai retrouvĂ© une note du mois de juin : reçu « le petit Dad Â», ai-je Ă©crit, comme s’il s’était agi d’un entretien professionnel, avec des guillemets parce que la chose doit m’avoir paru invraisemblable. Il disait s’appeler Jahan, mais je ne lui ai jamais donnĂ© d’autre nom et, rĂ©cemment encore, lisant le rĂ©cit de l’assassinat du prince Dad et de sa famille dans un ouvrage historique, je n’ai pas pu m’empĂȘcher d’y rajouter mentalement l’épisode du jardinier fuyant avec un bĂ©bĂ© dans sa besace : le petit Dad
 Rien n’émeut comme le survivant d’une catastrophe.

Je ne me souviens pas exactement de ce qu’il m’a dit ce jour-lĂ , probablement l’histoire qu’il avait dĂ©jĂ  contĂ©e au portier et venait de rĂ©pĂ©ter Ă  mon assistant, l’histoire incroyable de sa vie, de sa prĂ©tention, laquelle vraie ou fausse fonctionnait du moins comme un sĂ©same, si bien qu’au bout de quelques semaines, il n’était pas une personne influente de la province qui n’ai cĂ©dĂ© au mystĂšre et acceptĂ© d’écouter de sa bouche mĂȘme la fable du prince cachĂ©.

         Prix BibliothĂšque pour Tous 2000

Yvan, le bazooka, les dingues et moi    ceci n'est pas un roman !

 

Un perroquet peut-il rĂ©pondre au tĂ©lĂ©phone ? Qu’est-ce qu’un dircabadge ? Comment supprimer avantageusement la psychiatrie ? Quelle est la valeur du mot « humanitaire Â» exprimĂ©e en dollars ? Qu’est-ce qu’un roman Ă  la fin ?

A toutes ces questions et Ă  bien d’autres encore, dont vous n’avez pas idĂ©e, Jean-François Sonnay apporte des rĂ©ponses appropriĂ©es, claires, modernes, Ă©conomiques, augmentĂ©es de nombreux trucs pour s’enrichir et rester jeune. N’hĂ©sitez plus : ce n’est pas un roman, c’est une affaire !

 

 

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Prix des Alpes et du Jura 2007 de l'Association des écrivains de langue française

Comme Le Tigre en papier ou La Seconde Mort de Juan de JesĂčs, ce roman prĂ©sente des Ă©vĂ©nements fictifs dans un cadre historique prĂ©cis : Ă  savoir les quelques annĂ©es pendant lesquelles la Belgique s'est dotĂ©e d'une loi permettant Ă  ses tribunaux de poursuivre les auteurs de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanitĂ©, quel que soit le pays oĂč ceux-ci avaient Ă©tĂ© commis. PromulguĂ©e dans ces termes en 1999, abrogĂ©e en 2003, cette "compĂ©tence universelle" avait suscitĂ© autant d'espoirs chez les victimes que de craintes dans les gouvernements de par le monde.


Les Ă©vĂ©nements : en 1998, un massacre a lieu dans un village africain, qui fera peut-ĂȘtre l’objet d’un procĂšs en Belgique, ce qui pousse un jeune journaliste Ă  partir enquĂȘter sur place. A la mĂȘme Ă©poque, une maman africaine rĂ©fugiĂ©e en Suisse, tente de faire venir auprĂšs d'elle deux de ses enfants restĂ©s en arriĂšre avec la grand-mĂšre. Le tout sur fond d’affaires louches, de banditisme et de violence.

De part et d’autre d’un pont de fer rouillĂ©, fragile comme un ouvrage de vannerie, le roman de Jean-François Sonnay met en parallĂšle, entre l’Europe et l’Afrique, deux histoires bouleversantes, histoires sans fin d’une humanitĂ© qui n’a que la vie pour salut et l’humanitĂ© pour responsabilitĂ©.

 

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Extrait

Comme tout reporter Joos avait pris beaucoup de notes mais, faute de rĂ©vĂ©lations sur le massacre, il voyait mal quel sens donner Ă  ce travail dĂ©sormais. Le courage, l’endurance des gens de Kaboulo n’intĂ©resseraient sĂ»rement pas son rĂ©dacteur en chef. En se lançant dans l’aventure, il pensait que la situation du Pays des Hommes constituait un cas d’école pour cette nouvelle justice internationale, qui se voulait davantage soucieuse des hommes que de la raison d’Etat. Il avait espĂ©rĂ© que son reportage ferait avancer les choses, donnerait l’exemple de ce journalisme d’investigation dont tout le monde parlait sans vraiment le pratiquer. Il avait voulu jouer les pionniers, prĂ©parer Ă  sa maniĂšre le procĂšs des assassins de Kilimangolo mais, vue de lĂ -bas, son entreprise ne reprĂ©sentait plus guĂšre qu’un petit trophĂ©e dans un plan de carriĂšre Ă  mille lieues de la rĂ©alitĂ©. La vĂ©ritĂ© n’offre pas de preuves, elle est ce qu’elle est. On ne la regarde pas assez parce qu’il n’y a pas de regard innocent, c’est tout.